En 1954, le marshal Teddy Daniels et son co-équipier Chuck Aule sont envoyés pour mener une enquête sur l’île de Shutter Island dans la baie de Boston où se trouve un asile psychiatrique pour criminels dangereux. Une des patientes aurait mystérieusement disparu… Dès leur arrivée, les deux policiers sont étonnés par l’atmosphère inquiétante des lieux. Ils doivent déposer leurs armes, le personnel semble hostile et les médecins fort peu coopératifs. Pour ne rien arranger, une tempête se déchaîne, coupant l’île du continent… Où sont-ils tombés ? Quelles expériences pratique-t-on sur cette île ? Quelles obsessions secrètes hantent l’esprit de Teddy, flic plus que désabusé ?
Un thriller de choc signé Martin Scorsese dont le moins que l’on puisse dire c’est qu’il balade son spectateur dans un scénario compliqué qui aboutit sur une fin assez stupéfiante. Un voyage dans le monde de la folie non dépourvu de quelques facilités : hémoglobine, violences, scènes gore, camps de la mort nazis, images chocs, cauchemars, coups de cymbale, etc… Des décors très réalistes, oppressants à souhait, des personnages étranges et inquiétants. Di Caprio trouve ici un de ses meilleurs rôles au cinéma. Une mention toute particulière pour Ben Kingsley qui interprète un psychiatre dont on ne sait s’il est cynique ou humaniste. L’ambiguïté des situations et des caractères est exploitée à fond. On reste avec ses questions jusqu’au dénouement final et on ressort finalement assez déstabilisé. Film bien ficelé, intelligent, intéressant, mais dur… A éviter par ceux qui ne veulent que se divertir !
Marc est un quinquagénaire un peu dépressif ou désabusé qui décide, sur un coup de tête, de partir en week-end avec Anne, sa fille d’une vingtaine d’années, hospitalisée en psychiatrie. Il veut l’emmener au Touquet pour voir la mer. Mais assez vite, il abandonne l’idée de rentrer pour reprendre le fil d’une vie qui lui pèse et lui paraît insupportable. Alors la petite escapade tourne à la cavale et bascule dans l’horreur. Assassinats, incendie mortels jalonnent la route. Marc a des doutes. Sa fille ne serait-elle pas vraiment l’innocente qu’elle paraît ? Pour ne rien arranger, une piqure à son doigt s’infecte de plus en plus. Il risque la gangrène et envisage de demander à sa fille de lui couper le doigt. Et les ennuis ne font que commencer…
Une virée qui tourne mal racontée avec férocité, finesse et humour noir. Deux éclopés de la vie qui tentent de s’accrocher à des rêves naïfs ou dérisoires tout en cherchant désespérément à être aimés et presque toujours par des moyens d’une totale immoralité (amour tarifié, inceste). Un très beau texte, magnifiquement écrit, sans fioritures ni descriptions inutiles. Avec un minimum de mots, les faits et les dialogues arrivent, percutants, en pleine figure du lecteur qui termine ce court roman (158 pages) assez déstabilisé sur une fin particulièrement réussie en se demandant si cette histoire improbable a vraiment eu lieu ou s’il n’a pas rêvé ou plutôt cauchemardé.
5/5
Extraits : « C’était un homme qui connaissait la vie mais qui, depuis longtemps, en avait perdu l’adresse. »
« A la naissance d’Anne, elle lui avait collé le bébé dans les bras, comme on se débarrasse d’un cadeau encombrant, d’une chose désirée mais qui ne convient plus, et s’était enfuie avec un poète chilien de nature exclusive. »
« On ne faisait pas plus loin que ce loin-là. La terre s’y achevait, le bec dans l’eau. »
(publilcde) Un homme du XXème siècle se retrouve projeté au XXVème pour découvrir des survivants qui vivent comme des primitifs dans la paresse et l’anarchie. Il entreprend de les civiliser en leur faisant bâtir leur première ville. Un immortel recherche une partenaire aussi âgée que lui (2500 ans) pour se marier et avoir un enfant. Des savants terriens et extra-terrestres se lancent le défi de créer le mouvement perpétuel. Les terriens y parviennent si bien qu’ils n’ont plus le droit de rentrer sur Terre. Le dernier poète, se sentant incompris sur Terre, décide de s’exiler sur une lointaine planète où il découvre à sa grande stupéfaction que tout le monde y est déjà naturellement poète, peintre ou musicien et surtout que personne ne lui reconnaît le moindre talent. Il se retrouve cantonné au rôle de spectateur… Continue reading Les chants de l’été (Robert Silverberg)
Robert Langdon, le célèbre professeur de symbologie du « Da Vinci Code », est invité au Capitole pour y prononcer une conférence qui n’aura jamais lieu. Il s’agit en fait d’un traquenard monté par un certain Mal’akh, tueur psychopathe qui veut percer l’ultime secret de la franc-maçonnerie qui serait caché dans une petite pyramide de pierre d’une trentaine de cm de hauteur. Sur les lieux, Langdon qui découvre la main coupée de son ami le milliardaire Solomon, désignant du doigt la fresque du dôme du monument, va se retrouver embarqué en compagnie de Katherine Solomon, chercheuse en noétique (étude de la puissance de la pensée humaine), dans une course-poursuite d’une douzaine d’heures aussi folles que terrifiantes…
Après le succès phénoménal du « Da Vinci Code », Dan Brown reprend les ingrédients de sa payante recette et nous propose ce nouveau thriller qui fait passer un moment de détente finalement assez frustrant. 600 pages pour découvrir péniblement un secret de polichinelle. Le secret des secrets, l’ultime vérité cachée par les francs-maçons pour que le monde ne sombre pas dans le chaos serait… la Bible ! Après les élucubrations sur les enfants cachés de Jésus, voilà les révélations sulfureuses sur les sociétés secrètes avec en prime une apologie de l’ésotérisme et du New-Age qui doit nous faire entrer dans une période de bonheur et de prospérité jamais égalée grâce à cette somme de sagesse phénoménale… INTERNET. Livre décevant du point de vue documentaire car n’apportant rien de nouveau ou d’original, en dépit de forts longs développements, sur le sujet. Quant au procédé stylistique, il est maintenant parfaitement rodé : courtes séquences, suspens savamment orchestré, digne d’un scénario de film d’action, aucune donnée psychologique, fort peu de descriptions du cadre de l’action, personnages sans la moindre consistance et abus des rappels ou flash-backs le tout épicé de scènes de violence sadique. Un thriller de plage ou de gare visant un public peu cultivé qu’un tel étalage de pseudo-culture ne peut qu’impressionner.
(En raison du succès du tome 1, la saga reprend de plus belle…)
CHAPITRE I
Chronique d’une défaite annoncée
Le gouverneur Nulco de Nazypolka arrivait maintenant à mi-mandat aussi épuisé par son agitation qu’un coureur qui serait parti sur un marathon à la vitesse d’un de cent mètres. Asphyxié, épuisé, carbonisé, l’ex-petit Vizir. Du nord au sud de la Comté, on n’entendait plus que la longue lamentation de l’immense cohorte de ses anciens partisans, tous battus, cocus et mécontents. L’homme pressé de faire éclore la « Comté d’après » avait trahi toutes ses promesses, détruit tous les espoirs et dégoûté jusqu’au plus indulgent de ses électeurs. La Comté devenue « Sarkoland », plus d’un craignait « qu’Sarkommence ». Le peuple n’avait plus qu’un voeu : repousser à jamais le calice rempli de fiel que son prince lui tendait. Il groumait, grognait et rechignait tout en sachant parfaitement qu’il allait devoir le boire jusqu’à la lie…
Dans les ors de son beau Palais Balisé, l’ambiance était glauque, électrique et malsaine. Les accords de la Takemine acoustique de Bianca Biondi, la belle chanteuse ladina, n’y changeaient rien. Les huissiers à chaîne se transformaient en statue de pierre, les sinistres rasaient les murs, le premier d’entre eux passait du translucide ectoplasmique au caméléon élégamment discret et les conseillers particuliers avaient revêtus leurs pimpants costumes couleur muraille. Depuis des semaines, Nulco Ier ne décolérait plus. Et quand il en arrivait à cet état de nervosité, mieux valait ne pas se trouver à sa portée. Bianca lui avait proposé toutes les ressources de la pharmacopée de l’Occident chimique (tranquillisants, euphorisants, coco, amphés, extasy, poppers, uppers et downers) toute la sagesse millénaire de l’Orient (bouddhisme zen, thibétain, yoga, pranayama et autre fuji-yama du kama-sutra) sans oublier les fumées bienheureuses ou défonçantes des pentes de l’Atlas, rien n’y faisait : Nulco se réveillait furax, se levait et s’habillait furax, passait des journées furax et se couchait au comble de la fureur. Il restait persuadé que son génie personnel avait été trahi par ses collaborateurs incapables, cette bande de bras cassés et de traîtres dont il s’était entouré.
publilcde Quelques années après l’arrivée du Spin qui marqua un profond bouleversement cosmique et le début de la fin pour la Terre, une grande partie des humains a franchi l’Arc des Hypothétiques pour aller s’installer sur un nouveau monde, Equatoria, planète assez peu accueillante sur laquelle la majorité de la population reste cantonnée dans son immense capitale, Port Magellan. Une jeune femme Lise Adams s’y trouve à la recherche de son père mystérieusement disparu. Elle se fait aider par Turk, un pilote d’avion assez intrépide. Tous deux retrouveront Diane, une femme âgée qui a bénéficié d’un traitement permettant de rallonger la vie qui, elle aussi, a perdu son frère et son mari dans des conditions semblables. Mais d’étranges pluies de cendres s’abattent sur ce nouveau monde. Serait-il lui aussi condamné à plus ou moins brève échéance ?
Ce très étrange roman de pure science-fiction permet à Robert Charles Wilson de continuer l’immense aventure cosmique de « Spin ». On retrouve quelques-uns des personnages (Diane et son frère) et des thèmes (les arches, les Hypothétiques, ces étranges mécaniques, ou forces cosmiques ou divinités, on ne sait trop) déjà présents dans le précédent opus. « Axis » semble plus dramatique, plus achevé que « Spin » et par là même, plus passionnant. Les amateurs d’univers étranges et dépaysants ne manqueront pas cette très belle réussite littéraire.
(publilcde) Après l’assassinat de Jules César, Rome vit une période de chaos. Cherchant leur salut au-delà des mers, Lucius Nilghy et quelques compagnons embarquent sur des vaisseaux, passent les Portes d’Hercule et après une longue traversée abordent un continent inconnu. Ils fondent la ville de Libertas, capitale de Terra Publica, nouveau pays dont ils veulent faire un modèle de démocratie. Mais la nostalgie de leur terre d’origine demeure ancrée dans l’esprit de ces pionniers et de leurs descendants. Continue reading Reconquérants (Johan Heliot)
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