Pourquoi fête-t-on la nouvelle année ?

redaction 9 novembre 2017 0

Prendre de nouvelles résolutions, s’embrasser sous le gui, se faire des bises, ces usages sont effectués dans la plupart des pays à travers le monde. La nouvelle année est un moment assez spécial qui se célèbre dans le monde entier.

Mais pourquoi fête-t-on la nouvelle année ?

nouvel an

Le premier jour de l’année est un moment très spécial, voire sacré. Il permet de sceller notre destin pour tous les jours à venir. C’est une date assez superstitieuse où la nourriture, les souhaits, les paroles, les rencontres sont des signes de porte-bonheur. Bien vrai que chaque pays, chaque population, chaque ethnie, chaque religion célèbre le nouvel an à sa manière, chacun a ses techniques et ses rites immuables pour éloigner le mauvais sort et mettre toutes les chances de son côté lors de ses pratiques universelles du nouvel an : le réveillon, les vœux, les étrennes. Embrassades, chants, danses, toasts s’effectue en toute convivialité et dans la joie. La lumière et le bruit pour faire ses adieux à l’année précédente et fêter l’arrivée de la nouvelle sous les meilleurs auspices. Pétards, feux d’artifice, musique, klaxons, cotillons, canons à confettis et bougies ont toujours eu la capacité d’éloigner les mauvais esprits !

Il faut savoir que le premier jour de l’année est communément appelé le nouvel an ou jour de l’an. Tous les pays n’ont pas le même calendrier. Leur origine, leur mode de calcul et leur durée diffère fortement en fonction des pays. Toutefois, le nouvel an est célébré à travers le monde entier, mais à une date conforme au calendrier de chacun. Les calendriers julien et grégorien s’appuient sur le système solaire fondé sur le cycle des saisons et sur le temps de révolution de la Terre autour du Soleil.

Notre calendrier grégorien dure 365 ou 366 jours, répartis sur douze mois de trente ou trente et un jours en exception du mois de février qui compte 28 ou 29 jours si l’année est bissextile. Ce calendrier porte le nom du pape Grégoire XIII, qui l’impose en 1582. Et, cette même année, il décrète que le vendredi 15 octobre sera le lendemain du jeudi 4 octobre afin de rattraper un retard de dix jours.

Sachez que l’année civile fut adopté par Jules César dans le calendrier julien qui s’est révélée beaucoup trop longue. Pour éviter le retard de trois jours en quatre-cent ans, il a été également décidé de supprimer le jour supplémentaire destiné à rendre bissextiles les années fin de siècle 1700, 1800, 1900 et d’ajouter un jour au mois de février tous les quatre ans. C’est pour ce faire que le calendrier grégorien demeure toujours en avance de treize jours sur le calendrier julien. Et bien évidemment, les chrétiens d’Orient l’ont conservé jusqu’aujourd’hui.

Rites de purification

Le 1er janvier n’a toujours pas été commémoré le jour de l’an. Selon les historiens, les premières célébrations étaient effectuées à Babylone, deux mille ans avant notre ère. À la fin du mois de mars, les festivités et rites de purification avaient une durée de 10 jours. Étant donné que le soleil est considéré comme une divinité première et souveraine sous la haute Antiquité, c’est une évidence que les cérémonies se rattachant à la nouvelle année étaient prévues en son honneur.
En Égypte antique, la crue annuelle du Nil étant l’événement le plus important de l’année, le jour de l’an commence dès les premiers signes de la montée des eaux. Utile est de savoir que cette fête était la plus prisée des Égyptiens. Et pendant les festivités, chaque égyptien se devrait de faire des offrandes aux morts et aux dieux, notamment à Rê (le dieu solaire) dont l’anniversaire est célébré à cette occasion.

Dans la Rome antique, Romulus fait décrète le jour de l’an le 1er mars ; César, en 45 av. J.-C, le 1er janvier. Dans l’ancien calendrier romain, septembre est le septième mois ; octobre, le huitième… et mars, le premier mois de l’année de Martius( nom du dieu de la guerre ) qui commence avec le printemps. Le mot « janvier » tire son origine du dieu romain Janus, du latin janua « portail » ou « découverte ».

L’ensemble des portails de Rome sont sous la protection du dieu des Portes (Janus). Etant donné qu’on utilise les portes pour entrer comme pour sortir, ce dieu a deux visages. Le premier permet de regardée en avant et le second en arrière. C’est notamment le cas de la nuit du réveillon, en faisant une rétrospection sur l’an passé tout en se projetant en avant dans le futur. Le jour de l’an, tous les portails des temples sont ouvertes, et c’est moment idéal pour s’offrir des présents ou etrennes, échanger des voeux et dire des prières que Janus écoute, comme le rappelle Ovide dans ses Fastes : « Mais pourquoi prononçons-nous des paroles joyeuses à tes calendes, et pourquoi faisons-nous cet échange de voeux ? Alors le dieu, appuyé sur le bâton qu’il tenait de la main droite, dit : « D’habitude, les commencements comportent des présages. À la première parole, vous tendez une oreille craintive et c’est le premier oiseau entrevu que consulte l’augure. Les temples des dieux sont ouverts, de même que leurs oreilles : nulle langue ne formule en vain des prières ; les paroles ont leurs poids ». « 

En France, la date officielle de la célébration du jour de l’an varie au cours des siècles. Sous les Mérovingiens, on fête la nouvelle année le 1er mars ; sous les Capétiens, le 25 mars et sous les Carolingiens à Noël. Au XIe siècle, la fête a lieu le Samedi saint sous l’influence de l’Église. C’est au XVe siècle, le 9 août 1564, que Charles IX a décrété le1er janvier comme premier jour du premier mois de l’année. L’article 39 annonce : « Voulons et ordonnons qu’en tous actes, registres, instruments, contracts, ordonnance, dicts tant patentes que missives, et toute escripture privée, l’année commence dorénavant et soit comptée du premier jour de ce mois de janvier. « 

Les vertus aphrodisiaques des huîtres

Le calendrier devient républicain en 1792, et est décrété que l’année débutera le jour où le soleil franchira le point équinoxial d’automne. Ce jour est prévu pour le 22 septembre 1792, également appelé primidi 1er vendémiaire de l’an I de la République. Avec cette concordance des calendriers, le 1er janvier correspond approximativement au 11 nivôse et le 31 décembre au 11 pluviôse. Le 22 septembre 2011, nous a permis de passer de l’an 219 à l’an 220 du calendrier révolutionnaire. Le 22 fructidor an XIII 9 septembre 1805, le calendrier républicain fut abrogé par Napoléon pour instaurer le rétablissement du calendrier grégorien à partir du 1er janvier 1806. Dès cet instant, le 1er janvier est devenu un jour férié légal par un arrêté du Conseil d’État le 23 mars 1810. Fêté le 31 décembre, le réveillon (repas traditionnel de la nuit du nouvel an), est également connu sous le nom de réveillon de la Saint-Sylvestre en commémoration du pape Sylvestre 314-335.

Pour le réveillon, il est de coutume de s’habiller en étoffes brillantes, dorées, argentées, pailletées. En effet, selon la tradition, chacun doit porter au moins nouveau vêtement le premier jour de l’année. Pour le menu, des fruits de mer notamment des huîtres et du foie gras sont à prévoir sur la table. Il faut savoir que ces aliments étaient consommés depuis l’Antiquité par Apollinaire, comme Casanova qui leur prêtait des vertus aphrodisiaques.

Les pharaons et les Romains en appréciaient déjà et nourrissaient les oies avec des figues jecur ficatum, « foie obtenu avec des figues ». Le caviar était également présent sur la table. Véritable symbole de luxe, ce poisson séculaire de la mer Caspienne est très prisé par Gengis Khan. Le caviar était également le repas préféré de Rabelais et de Shakespeare pour son goût assez fin et sa qualité énergétique.

Les traces des symboles païens et religieux dans les régions françaises étaient surtout marquées dans la pâtisserie, sucrée et épicée. Sachez que le miel est l’aliment de fête par excellence. Considéré comme symbole solaire, de pureté et douceur, le miel est déjà présent dans le delta du Nil ; les Grecs lui confère le don de prophétie, et au Xe siècle, les Chinois le transforme en mikong « pain de miel », pain d’épices qui sera adopté par les Arabes et importé à travers tous l’Occident lors des Croisades.

Les épices, gingembre, cannelle, cardamome ; des gâteaux chat en forme de roue, étoile, se révèlent protectrices. Pour leurs effets magiques, ces biscuits étaient utilisés contre le mauvais sort et les maladies, cornes et pointes ayant toujours été utilisées pour faire fuit les sorciers et les maléfices, d’où les appellations cornues Limousin. Et bien évidemment l’expression pittoresque « être heureux comme un coq en pâte » vient du gâteau porte-bonheur en forme de coq offert dans le Bourbonnais aux voeux de nouvel an.

Bien vrai que chaque région a ses propres formes et ses noms de gâteaux, mais, il est évident que certains gâteaux comme les brioches vosgiennes font toujours partie de la tradition. En effet, selon cette vielle coutume les parrains doivent en offrir une à leur filleul au nouvel an- les keugneux ou cogneux Lorraine, queniolles Nord, coignolles ou cougnous Flandres, cugnaux Ardennes, cugnots ou cognots Champagne, quinieu ou cugneux Franche-Comté, cuignets ou cuegnets. En Corse, on mange des i strenni, en forme de pain à deux têtes en hommage à Janus.

On boit du champagne

À Rome, ce sont les dattes qui sont les plus appréciées et offertes fourrées d’une pièce de monnaie pour le Jour de l’an. Selon Pline l’Ancien, « Lorsqu’elles sont fraîches, les dattes sont si délicieuses que seul le danger de périr vous arrête d’en manger. » L’origine de cette tradition de la pièce de monnaie porte-bonheur dissimulée dans le gâteau ou pain du nouvel an est issu des Saturnales, ces fêtes paillardes romaines qui se sont perpétuées au fil des années, notamment dans la galette des Rois de l’Épiphanie. On boit du champagne en portant des toasts « Bonne année ! Bonne santé ! » et en cassant à minuit le verre dans lequel on a bu ; on danse et, après le symbolique baiser sous le gui, on s’adresse des voeux de bonne année. Le lendemain, il est de coutume de présenter ses voeux à son entourage pour leur porter bonheur.

Le côté sacré du gui date depuis l’époque des Gaulois, le peuple lui conférait des vertus magiques. Dans Commentaires sur la guerre des Gaules, Jules César écrit en – 52 : « Le gui est fort difficile à trouver. Quand on l’a découvert, les druides vont le chercher avec respect et toujours le sixième jour de la lune, jour si révéré par eux qu’il est le commencement de leurs mois, de leurs années, de leurs siècles mêmes, qui ne sont que de trente ans… Lorsque les druides ont préparé sous l’arbre tout l’appareil du sacrifice et du festin qu’ils doivent y faire, ils font approcher deux taureaux blancs qu’on attache alors par les cornes ; ensuite un prêtre en robe blanche monte sur l’arbre et coupe avec une serpette d’or le gui… Les druides croient que l’eau où l’on a fait tremper le gui rend féconds tous les animaux qui en boivent et qu’elle est un remède spécifique contre toute espèce de poisons. La cérémonie de cueillir le gui est la plus solennelle de toutes celles que pratiquaient les druides. » Depuis le Moyen Âge, où l’on clamait « O ghel an heu » « Le blé lève », il est ainsi lié aux rites du nouvel an.

Premier bain de l’année

Aujourd’hui, suivant la tradition anglaise, une boule de gui porte-bonheur lorsqu’elle est accrochée au plafond du salon ou au-dessus de la porte d’entrée et, à minuit, on s’embrasse dessous en échangeant des voeux. Selon la coutume, il faudrait donner autant de baisers que de baies de gui qui figure sur le bouquet en gage de bonheur sentimental entre conjoint, d’un mari dans l’année pour les jeunes filles, de nombreux enfants pour les nouveaux mariés.

Il est possible de continuer la soirée en jouant aux cartes afin d’y gagner une porte chance et prospérité. Ceux qui vivent aux bords de mer se purifient en prenant le premier bain de l’année, quand d’autres ouvrent les fenêtres pour laisser partir la vieille année, puis la porte, pour laisser entrer la nouvelle.
Pendant les douze coups de minuit, il est crucial de faire attention aux premières fois afin de mettre toutes les chances de son côté. Pour ce faire, il est important d’être de bonne humeur afin de l’être toute l’année et surtout ne pas proférer de mauvaises paroles.

Dans Le Livre des superstitions, Éloïse Mozzani prévient qu’il est très important que la première personne vue soit de sexe différent afin que l’année soit très bonne. S’il s’agit d’un ennemi de la famille, l’année sera mauvaise ; et il est de mauvais augure qu’une femme vous souhaite la première la bonne année… pour finir, on dit que le jour de la semaine du 1er janvier est déterminant le temps de l’année.

Grâce à l’invention de la carte de Noël en 1843 par sir Henry Cole, la coutume des voeux est devenue postale. Avec les progrès croissants de l’imprimerie vers 1895, ce qui était initialement un jeu devint une véritable coutume. Mais, depuis quelques années, le téléphone et Internet se substituent à ces belles cartes de voeux. La nouvelle année est également l’occasion de prendre de bonnes résolutions. De ce fait, nombreuses sont les personnes qui prenaient la ferme décision de s’arrêter de fumer ou de faire du sport. D’autres rendaient également les matériels empruntés à leur voisinage.

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